L’interpellation de huit suspects annoncée par la Police nationale d’Haïti dans l’enquête sur le double assassinat de deux jeunes femmes à Camp-Perrin intervient dans un contexte particulièrement sensible. Si l’annonce officielle marque une étape procédurale importante, elle ne suffit pas à dissiper les doutes et la méfiance d’une population profondément marquée par l’insécurité.

Les victimes, Gaspard Valentina et Gaspard Velenda, ont été tuées par balles dans la nuit du 6 au 7 décembre 2025, à leur domicile, dans la zone de Tibi. Selon la PNH, des individus armés non identifiés avaient pénétré la résidence par effraction avant de commettre l’irréparable.

Sur le plan institutionnel, la communication policière reste prudente. Aucun détail sur les profils des personnes interpellées, ni sur un éventuel mobile, n’a été rendu public. La poursuite des investigations est annoncée, avec l’objectif affiché de remonter l’ensemble de la chaîne de responsabilités.

Mais cette affaire ne peut être dissociée du climat général de défiance envers les institutions. Dans plusieurs régions du pays, les citoyens expriment ouvertement leur scepticisme face aux annonces sécuritaires, souvent perçues comme ponctuelles et sans suites judiciaires visibles.

À Camp-Perrin comme ailleurs, la question dépasse désormais l’enquête elle-même : elle touche à la capacité de l’État à garantir la protection des citoyens, y compris dans les zones jusque-là considérées comme périphériques aux grands foyers d’insécurité.

L’issue judiciaire de ce dossier constituera un test majeur pour la crédibilité de l’action publique, dans un pays où chaque crime non élucidé alimente un peu plus le sentiment d’abandon.

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