Le climat d’insécurité qui pèse sur les travailleurs de la presse vient de franchir une étape supplémentaire. Le journaliste Ronald Desormes, voix bien connue du Journal Premye Okazyon sur Caraïbes FM, est désormais cité comme la cible d’une menace de mort provenant, selon plusieurs sources, du chef de gang Jimmy Chérizier, dit « Barbecue ». Des informations diffusées ces dernières heures font état d’une récompense de 50 000 dollars américains qui serait promise à quiconque s’en prendrait à la vie du journaliste.
Ces révélations provoquent une vive préoccupation dans le secteur médiatique. L’organisation SOS Journalistes a publié une note de presse dénonçant ce qu’elle qualifie d’attaque frontale contre l’exercice du journalisme dans un pays où les professionnels vivent déjà sous une pression constante.
Ce n’est pas la première fois que des journalistes de Radio Télévision Caraïbes font l’objet de menaces directes. Plusieurs mois auparavant, les noms de Johnny Ferdinand et Dieuseul Guerrier avaient également été mentionnés dans des appels à violence attribués à des chefs de gangs. Dans d’autres rédactions du pays, des reporters affirment subir des intimidations similaires, parfois de manière anonyme, parfois de façon ouverte.
Les propos attribués à Chérizier témoignent d’une radicalité inquiétante. Il aurait demandé à ses partisans, ou à toute personne susceptible de croiser la route du journaliste, d’exécuter celui-ci avant de lui transmettre « une preuve d’identité du véritable auteur ». L’objectif affiché paraît clair : réduire au silence une voix parmi les plus suivies du paysage radiophonique.
Dans sa note, SOS Journalistes appelle les autorités à agir rapidement pour garantir la sécurité de Ronald Desormes. L’organisation considère que la multiplication de ce type de menaces est favorisée par l’absence de sanctions et par un environnement où l’impunité semble se normaliser.
Le secrétaire général Guy C. Delva, signataire du document, rappelle que ces actes ne visent pas seulement des individus, mais touchent le droit du public à recevoir une information indépendante. Il estime que protéger les journalistes est devenu une urgence nationale.

